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HappyBirthday.doc.vb


    Non, ce n'est pas une blague, cela fait 30 ans (puisque ceci est écrit en octobre 2001) qu'un certain Ray TOMLINSON créait SNDMSG (pour "send message"), premier utilitaire d'email sur ARPANET, fin octobre 1971.
    Sachez que le premier email ne fut pas, d'après son inventaire, historique. Plutôt du style "QWERTYOP" ou "Testing 1-2-3".
    Depuis, rien n'a changé : l'email continue de tester... les patch en tout genre de certains Outlook et autres programmes d'un certain Billou! (d'où le titre "HappyBirthday.doc.vb", allusion au Virus par courrier!


Mais Pourquoi l'email ?

Vous trouverez plein de détails sur pretext.com ou encore livinginternet.com.
Mais sachez aussi qu'une thèse est consacré à l'évolution de l'email sur ARPANET, ce réseau de recherche à commutation de paquet, ancêtre de l'internet moderne.
On peut y lire :

«  Tomlinson named his network mail program SNDMSG.
    It was designed to run on the TENEX operating system, a popular timesharing package developed by Bolt, Beranek, and Newman for Digital Equipment Corporation's PDP-10 computer.
    Tomlinson derived the network version of SNDMSG from two preexisting software utilities.
    The first was an intra- machine email utility, a pre-network version of SNDMSG, consisting of a simple text editor which processed the names of the recipients and the body of a message, and then appended this information to a special file designated as the local recipient's mailbox file.
    The second utility was an early ARPANET file transfer program called CPYNET.
    Merging the two utilities together yielded an application that would process outgoing messages in the same manner as if they had been intended for a recipient on the local machine, but could then copy the message information across the network to be appended to a remote user's mailbox file.
    In this way, early email can be viewed as an extension to the pre-existing technology of local computer mail by means of the brand new technology of network file transfer.
    It is interesting to note that the original mail delivery process developed by Tomlinson differs little in essence from that employed over the Internet today. The novel use of network file transfer to carry electronic mail never factored in original plans. It was, according to one ARPANET user studying at MIT at the time, "totally an afterthought." SNDMSG emerges as the first program to transfer email over the ARPANET.
    ARPANET email was not, however, the first use of computers for human communication.
    Electronic mail on individual computers had been in existence for nearly a decade before 1971. This form of communication, referred to as "intra-computer email" to distinguish it from the "network email" arising on the ARPANET, allowed user communities on solitary, timeshared computers to trade messages with one another.
    Intra-computer email did not proliferate over any kind of network; it was limited to serving the user population of a single machine. Tomlinson notes that intra-computer email was "popular among those who were regular time-shared computer users."
    Seen in this light, sending email over the ARPA network in 1971 was, as Tomlinson puts it, "a natural extension" to the existing functionality of intra-computer email systems of the 1960's. »
(facile, le gars...)

rpi.edu classe ce programme dans la catégorie des "killer applications", à savoir une application si indispensable que ses utilisateurs n'achèteraient un ordinateur que pour la seule opportunité de s'en servir!... Le tout premier site Web (1991) est un autre exemple de "killing application".

Et pourquoi le @ ?
    Là encore, l'explication est bêtement simple et se trouve sur web.mit.edu/afs/athena.mit.edu :
    Notre brave Tomlinson cherchait un caractère pour séparer un nom d'un lieu pour qu'un ordinateur ne confonde pas les deux. Laissons lui la parole :


« I was lucky. I was writing this code and had to find some character to separate the name from the place. I looked at the keyboard and when you get right down to it, there aren't a lot of options. I thought of the @ sign in just a few seconds »

Et d'où ça vient le @ ?
    Un article de bruno guissani nous renseigne et cite :
    - la thèse de 1924, peu étayée d'un Américain, Berthold Ullman, qui place l'origine du @ au Moyen Age, sous la plume soucieuse de rapidité des moines recopiant les manuscrits: contraction du ad latin, un mot polyvalent, pouvant signifier tout aussi bien chez que vers, voire par
    - des documents commerciaux provenant de Venise vers 1500, où le dessin @ désigne une unité de mesure, anfora ou amphore. Un dictionnaire latin-espagnol de 1492 traduit anfora par arroba, une mesure de poids valant 12,5 kilos. Le mot vient probablement de l’arabe ar-roub, autre unité de mesure, signifiant un quart. (dixit Giorgio Stabile, de l’Université de Rome, en juiller 1993). 
Remarque: le 'pataphysicien Net' nous fait douter : « L'ar-roubè est le quart en arabe et l'arroba est une unité fondamentale de poids en espagnol, puisqu'elle mesure 12,780 kg et sert à évaluer le poids des taureaux de combat. Question : Si cela veut dire le quart, cela implique que l'unité est de 4 @ 12,780 kg, soit 51,120 kg. Cela me semble bien petit pour un taureau, non ? Merci d'éclairer notre lanterna ! »
    Le signe @ existerait ainsi depuis le XVe siècle dans l’ensemble de l’espace méditerranéen, tant dans le monde hispano-arabe que dans le gréco-romain, comme symbole commercial désignant des quantités diverses selon les régions. 
    - un symbole commercial apparu au cours du XVIIIe siècle (ainsi que s'accordent à le dire la majorité des linguistes). Il indique le prix à l’unité. Exemple: 5 pommes @ 10 centimes (pièce). Ce signe serait né d'un confusion calligraphique due à l’usage du mot à par des marchands français et allemands (dixit Denis Muzerelle, un chercheur français).

    - son apparition officielle se fait dès 1885 et les premières machines à écrire Underwood (on en voit une première photo dans Office2000).
(cf. histoire des machines à écrire)
Voici une Underwood Number 5 - Circa 1910:

    - son apparition parmi les caractères de base de l’ordinateur, les ASCII, date de 1965.
    Notons également l'explication originale de mômes 'net qui indique:
 « @ est un a entouré d'un cercle attaché senestrogyre (tournant à gauche) qui était utilisé dans le commerce international pour donner des équivalents monétaires approchés (non exacts à la deuxième décimale); car, à l'époque on ne disposait pas des moyens actuels, tous les calculs se faisaient à la main et de tête, et il était long et fastidieux de calculer des listes de prix (catalogues) à la 3ème décimale. 
Ce sigle signifiait "around" ou "approached" en anglais, soit "environ", mais en France on disait aussi "approché". C'est peut-être pour cela qu'il a été employé en écriture électronique pour signifier que l'on "approchait" quelqu'un.
A l'époque quand on voulait envoyer une correspondance à une personne dont on ne connaissait que l'adresse de l'entreprise, par exemple on la libellait ainsi: Monsieur Jean DUPONT c/o Ets DUTAPIS 1, rue Principale PARIS 7ème (Seine), les signes "c/o" signifiaient et signifient encore aujourd'hui "care of", équivalent anglo-saxon de "aux bons soins de..." »

    Les anglais le désignent par "at" (près de, mais aussi "at the price of"), mais le sens et la symbolique du sigle varie d'un pays à l'autre.

Espagne, Portugal arroba
France emprunte le terme espagnol pour en faire "arrobase".
Germanophones at-Zeichen (reprise du "at" anglais, "près de").
Estonie ät-märk (toujours la reprise du "at")
Japon atto maak (encore la reprise du "at")

Ce sigle, en plus de ses nombreuses signification possède également de non moins nombreuses références animalières :

Allemagne, Hollande, Finlande, Hongrie, Pologne, Afrique du Sud @ = queue de singe (enfin... en hollandais, apestaart signifie queue de singe et... apeklootje petite couille de singe!)
France, Italie, Israël, Corée, Esperanto @ = petit escargot (chiocciola en italien, heliko en esperanto)
Danemark, Suède @ = trompe d'éléphant (snabel-a)
(en daonois grisehale désigne une queue de cochon)
Hongrie @ = un vers
Norvège @ = une queue de cochon
Chine @ = petite souris
Russie @ = un chien
Finlande @ = un chat (endormi enroulé sur lui même, le sigle désignant alors le signe du miaou ;) ).

Mais n'oublions pas également ses références alimentaires(!) :

Suède @ = palet à la cannelle (kanelbulle)
République Tchèque @ = hareng mariné (le zavinac, qui se mange habituellement dans les bistrots de Prague)
Espagne @ = pâtisserie (ensaimada, du nom d’une douceur en forme de spirale typique de Majorque)
Israël @ = pâtisserie (strudel, pâtisserie bien connue originaire d’Europe centrale)

Tous les détails dans cette revue linguiste, mais aussi ici.
Alors Une arobase, une arobace, un arrobe, un arobe, une arrabas, une arobas, ou une arrobas ?
D'après l'Académie Française, on trouve:
"
Arobase ou arrobe ? 
    Bien que l'Organisation internationale de normalisation ait retenu la forme arrobe pour le français de l'informatique (ISO/CEI-1), l'usage n'est pas fixé quant à la désignation du signe typographique @, traditionnellement appelé a commercial (ligature du a et du d notant ad latin, "à" en français, dans l'écriture onciale des chancelleries, à comparer avec &, et commercial ou esperluette, ligature du e et du t). 
    En anglo-américain, ce signe n'a d'abord été utilisé qu'en comptabilité devant les indications de prix des catalogues, des factures, etc. pour signifier at "à tel prix". 
    On rencontre aussi bien arobas ou arrobas que arobase ou arrobase. Les formes en e sont plus conformes à la prononciation française, les deux r étymologiques. On ignore par quels détours sémantiques ce terme nous est venu de l’espagnol arroba, emprunté de l’arabe, qui désigne une unité de mesure d ’Espagne et d’Amérique latine, et qui figure dans divers dictionnaires français sous les formes arrobe ou arobe, qui semblent préférables. On avance cependant l'hypothèse d'une déformation de a rond bas (de casse) plutôt que d'une confusion avec l'abréviation de l'unité de mesure."

Et aujourd'hui ?

    Cette nouvelle forme de communication (l'e-mail) s'est intégrée parmi les autres.
    Évidemment, au vue de l'actualité (octobre 2001, psychose des lettres à l'anthrax, attaques au virus électronique, ...), une image résume tout :

Bref... méf', faites gaffe quand vous ouvrez le courrier ;)
Après le "World Wide Wait" des premiers temps, l'ADSL et autres technologies acheminent plus rapidement... les bonnes comme les mauvaises nouvelles, transformant le paysage électronique en un "World Wild Net" ! Et le tout en 10 ans seulement !.

hommage
    Heu... merci à joystick pour le titre de cet article (titre issu du n° de novembre 2001). Ce journal au ton humoristique commente ainsi la nouvelle :
- « L'email fête ses 30 ans ! C'est super, hein ! »
- « ... ils devraient sortir un timbre anniversaire ! »


               
 
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