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Au fait... ça veut dire quoi
« paradigme » ?
[EncyclUnivers], [EncyclHachette]


L'avez-vous remarqué ? On emploie ce mot souvent sans trop savoir de quoi il en retourne précisément : "paradigme".

-
L'Architecture Fonctionnelle fait intervenir la notion de "paradigme objet" et de "paradigme MVC" ;
- La
Projections de l'AF vers l'AT et de l'AT vers l'AF fait intervenir plusieurs paradigmes (objet, relationnel, composant, ...) ;
- L'article sur l'AGL : les grands écarts fait également intervenir le "paradigme MVC".
- le C++ est
multi-paradigmatique.

Bon alors, sans rire, qu'est-ce qu'un paradigme ?

Mes "questions" sont en
italique rouge.
Les renseignements essentiels de ces réponses sont soulignés.


Avant re rentrer dans le détail, c'est quoi, en quelques lignes, un paradigme ?
   
un modèle de référence
.
    On verra ci-dessous que les travaux de  Kuhn, dans le cadre de l'approche  systémique, définissent le paradigme comme :
    Les règles admises et intériorisées comme « normes » par la communauté scientifique, à un moment donné de son histoire, pour délimiter et problématiser les « faits » qu'elle juge dignes d'étude.
    Si l'on se réfère au sens philosophique de paradigme, l'on obtient :
    Est paradigme ce que l’on montre à titre d’exemple, ce à quoi on se réfère comme à ce qui exemplifie une règle et peut donc servir de modèle.
    Cette définition issue de l'[EncyclUnivers], résume bien le rôle de ce mot lorsqu'il est appliqué à des concepts informatiques. Le même article (pourtant consacré au paradigme du point de vue philosophique) ajoute qu'un paradigme est l’objet « facile » sur lequel on s’exerce avant de traiter d’un objet ressemblant au premier, mais plus difficile.

    Ainsi, dire que java respecte le paradigme objet signifie que ce langage permet de mettre en oeuvre une programmation avec des objets qui ont bien des propriétés d'héritage, d'encapsulation et de polymorphisme. Pourtant, ce même langage va plus loin, en y apportant des propriétés d'introspection qui lui permettent de découvrir dynamiquement les propriétés d'un objet.
    Le paradigme objet est ici à la fois modèle de référence et exemple qui sert de modèle.
    Il s'agit d’un ensemble de principes qui structurent, plus ou moins consciemment, la manière de connaître la réalité à étudier et, en conséquence, la façon d’agir éventuellement sur celle-ci.

    Ceci étant posé, ceux qui en ont le courage peuvent s'attaquer à l'origine même de ce mot, origine justement liées aux mots et à la linguistique.

Origine linguistique

    Un paradigme est "par défaut" un paradigme linguistique. C'est dans ce domaine que cette notion a été définie par Ferdinand de Saussure, qui l'oppose au syntagme.
Ces 2 termes vont maintenant vous être définis, mais sachez que, durant toute votre lecture, vous pouvez associer à "paradigme" la notion de "substitution", et à "syntagme" la notion de "combinaison".
    Origine, Ferdinand de Saussure, père du structuralisme
    C'est dans son Mémoire sur le système primitif des voyelles dans les langues indo-européennes (1878) qu'apparaît pour la première fois, dans l'œuvre de F. de Saussure, une analyse de la langue de type structural, les éléments du système étant définis sur la base de leur fonction et non pas de leurs caractéristiques phoniques.
    Plus de vingt ans plus tard, entre 1906 et 1911, en même temps qu'il enseigne la linguistique générale à l'université de Genève, il élabore la matière de son livre posthume, le Cours de linguistique générale (1916), qui va révolutionner l'étude des faits de langue. On y trouve des distinctions aujourd'hui célèbres, et qui vont être au centre des conceptions de la linguistique du XXe siècle.
    Il établit tout d'abord une distinction entre le langage (la faculté générale qu'ont les êtres humains de parler) et la langue (chaque instrument linguistique particulier), qu'il distingue à son tour de la parole (l'ensemble des réalisations individuelles).
    La tâche de la linguistique serait, de ce point de vue, de décrire la langue en partant de l'analyse des actes de parole.
    Saussure différencie également l'approche synchronique, qui étudie les faits de langue contemporains, à un moment donné de l'histoire, et l'approche diachronique, qui les étudie dans leur succession historique.
    Mais les deux dichotomies les plus importantes pour la linguistique moderne concernent le paradigme et le syntagme d'une part, le signifié et le signifiant d'autre part.
    La première permet de distinguer les relations qu'une unité linguistique entretient avec d'autres unités présentes dans la chaîne du discours (relations syntagmatiques) des relations qu'elle entretient avec des unités absentes et qui pourraient occuper sa place (relations paradigmatiques).
[D'où  les notions de "combinaison" pour le syntagme et de "substitution" pour le paradigme]
    Ainsi, dans la phrase "je lis un article sur la linguistique", le pronom "je" entre en relation avec les autres éléments du syntagme et entretient d'autres types de relations avec les éléments du paradigme qui pourraient occuper la même place (tu, il, etc.).
    La seconde de ces dichotomies distingue entre les deux faces du signe, le signifiant (c'est-à-dire la forme concrète acoustique ou phonique) et le signifié (le concept, le contenu sémantique, l'ensemble des réalités à quoi renvoie le signifiant). Le rapport entre ces deux faces est arbitraire et l'arbitraire du signe constitue précisément le centre de la théorie saussurienne, le fondement de la notion de système (ou de structure).

Définitions :

paradigme n. masc. 
1.  LING. Ensemble des différentes unités lexicales ou des différentes formes d'un mot qui peuvent commuter entre elles dans un même contexte linguistique. Ainsi moi, toi, lui, nous, vous, eux, Pierre appartiennent au même paradigme dans "je pense à…" : on peut substituer "moi" à "vous" sans changer de contexte linguistique.
2.  GRAMM. Ensemble constitué par les différentes formes d'un verbe: aime, aimons, aimez, etc.
    Les unités appartenant à un même paradigme sont en rapport paradigmatique. Ainsi, dans l'exemple précédent, "moi, toi, lui, nous, vous, eux" sont en rapport paradigmatique dans le paradigme "je pense à ...".
    

F. de Saussure oppose ce type de rapports (in absentia) 
aux rapports syntagmatiques (in praesentia). 

syntagme  n. masc. 
LING. Groupe de mots ayant une certaine cohésion interne.
- Dans le cadre distributionnel, le syntagme se définit comme un groupe de mots qu'on peut remplacer par un seul mot (ex.: "le petit chat est mort" / "il est mort"). "le petit chat" est une combinaison de mot suffisamment cohérente pour être en rapport paradigmatique (substitution) avec "il" dans le paradigme "... est mort.
- Dans le cadre transformationnel, il se définit comme un groupe de mots susceptible de subir une transformation de déplacement (ex.: la voiture blanche a renversé un piéton => un piéton a été renversé par la voiture blanche).
La cohésion interne du syntagme se manifeste également par des phénomènes d'intonation et, en français, par la liaison et l'accord grammatical ("les grosses voitures américaines des années 50" est une combinaison désignant un certain type de voiture).
On parle de :
- syntagme nominal lorsque le syntagme joue le rôle d'un nom (le petit Poucet, combinaison désignant le héros d'un comte de Grimm ?) ;
- de syntagme verbal lorsqu'il joue le rôle d'un verbe (prendre part à un combat, combinaison signifiant "combattre") ; 
- de syntagme adverbial (la nuit tombée, combinaison désignant un temps précis) ;
- et de syntagme prépositionnel (à sa sœur, pour ses parents, combinaison désignant un destinataire).

    Exemples linguistiques s'appuyant sur la notion de paradigme
    On retrouve la notion de paradigme toujours en linguistique pour la déclinaison :
déclinaison n. fém. GRAMM. Liste (ou paradigme) des formes fléchies en cas (le cas indique la fonction du syntagme dans la phrase) — et, par accord, en genre et en nombre des noms, pronoms, adjectifs et déterminants.
La déclinaison est pour les noms ce que la conjugaison est pour les verbes: le paradigme des formes qu'ils peuvent affecter selon leur fonction.
Exemple, pour le paradigme "réel", on trouvera "réels", "réelle", "réelles"...
    La notion de substitution se trouve mise en évidence pour le supplétif :
supplétif, ive (adj.) GRAMM. Se dit d'une forme qui vient en suppléer une autre, cette dernière n'existant pas dans un paradigme: ainsi, pour le verbe aller, certaines formes ne sont pas constituées sur le radical all-: les radicaux va (je vais, tu vas, ...) et ir- (j'irai, tu iras, ...) sont des formes supplétives. les lettres "is" et "vais", ou "a" de va sont les désinences (ici verbales), c.à.d.  les éléments variables ajoutés au radical pour former un paradigme nominal ou verbal. (le radical est la forme concrète de la réalisation d'un mot).

Les travaux de Thomas Kuhn (1962,  livre sur la Structure des révolutions scientifiques)
    Contexte
    Aux diverses variantes de l'empirisme qui présentaient la connaissance scientifique comme issue d'une série d'observations logiquement coordonnées, Kuhn objectait à son tour qu'il n'a jamais existé d'observation pure; il montrait que toute observation scientifique est sous-tendue par une théorie. Il dénonçait comme un leurre le projet affirmé d'une «unification des sciences» soit par une méthodologie commune, soit par un langage commun. Recourant à la vieille métaphore cosmologico-politique de la «révolution», il faisait de surcroît apparaître que le progrès scientifique n'est pas cumulatif, mais qu'il comporte des «moments critiques», où se reconstitue sur de nouvelles bases l'ensemble des problèmes formulés et où se redéfinissent les procédures de leur solution.
    La notion de paradigme
    Pour rendre compte de cette allure discontinue du progrès dans la connaissance, il avançait une notion qui n'a cessé de faire fortune, sans doute à cause du flou qui entoure son usage: celle de paradigme.
    Selon une perspective sociologique, héritée du médecin polonais Ludwik Fleck, il désignait par là les règles admises et intériorisées comme «normes» par la communauté scientifique, à un moment donné de son histoire, pour délimiter et problématiser les «faits» qu'elle juge dignes d'étude.
    Qu'un paradigme – par exemple, le paradigme aristotélicien ou le paradigme newtonien – règne sans partage, et les chercheurs s'affairent dans le cadre d'une «science normale», c'est-à-dire à la fois normalisée et normative. Au XVIIIe siècle, on s'emploie ainsi à être «newtonien» en chimie, en histoire naturelle, en psychologie.
    Que ce paradigme se trouve remis en cause par une série d'anomalies, comme on le voit avec le second principe de la thermodynamique et les difficultés d'interprétation de l'électromagnétisme de Maxwell, et l'on entre dans une période critique, laquelle s'achèvera avec la mise en place d'un nouveau paradigme.

L'analyse systémique
    Née, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de la rencontre de la biologie, de la cybernétique et de la théorie des systèmes, l'analyse systémique, ou approche-système, appartient aujourd'hui au courant scientifique qui analyse les éléments de processus complexes comme composants d'un ensemble où ils sont en relation de dépendance réciproque. Son champ d'étude ne se limite pas à la mécanisation de la pensée: l'analyse systémique est une méthodologie qui organise les connaissances pour optimiser une action.
    La méthode systémique 
    L'objectif de l'approche-système est de schématiser n'importe quel ensemble complexe, d'aboutir à une modélisation qui permette d'agir sur lui, après que l'on a compris sa configuration matérielle et sa structure dynamique.
[Cela rappelle furieusement l'activité de modélisation d'un programme ou système informatique, non ?]
Elle est utilisée comme outil de prévision dans les domaines les plus variés: psychologie sociale, urbanisme, économie politique, épidémiologie, écologie, logistique, technologie. 
    La notion de système 
    On entend par système tout objet structuré, composé d'éléments abstraits ou concrets en interaction, et ouvert sur un environnement : on doit donc lui assigner une frontière qui distingue ce qui est à l'intérieur et ce qui est à l'extérieur.
[Et tout informaticien sait bien que cela constitue une des difficultés majeures de la modélisation d'un système : délimiter sa frontière, définir les acteurs d'un système.]
Le système considéré peut être aussi bien la consommation d'alcool des ménages, la circulation automobile dans une ville, le marché agroalimentaire, la propagation d'un virus ou l'écosystème d'une forêt.
    L'échelle de complexité des systèmes, décroissante, classe d'abord les organisations sociales plus ou moins autonomes, puis les individus plus ou moins dotés de langage et de mémoire, donc de capacité d'apprentissage, et enfin les servomécanismes et les mécanismes.
[L'analogie avec l'informatique est évidente : la phase d'analyse vise justement à abstraire un système et à le structurer en sous-système.]
    Analyse systémique et simplification du réel
    La méthode systémique implique nécessairement une simplification, et l'acteur qui agit dans le cadre d'un système ne doit jamais oublier son projet (ou la finalité du système) pour conserver au mode opératoire un contact avec la réalité.
   La connaissance équilibrée du réel doit contenir une «résignation consciente à l'approximation» (!), quels que soient les apports analytiques des divers spécialistes et disciplines scientifiques ou techniques.
    En clair, une modélisation ne représente pas l'exacte réalité des choses: comme une représentation graphique ou une algorithmique chiffrée, elle reste une abstraction.
De plus, il faut pondérer toute représentation du coefficient de l'observateur, pour tenir compte du conditionnement culturel de la communauté scientifique: Thomas Kuhn appelle «paradigme» ce fonds d'hypothèses partagées à une époque donnée.
    L'approche systémique à base technologique utilise une optique fondée sur des angles de vue multiples, ce qui permet de progresser dans la connaissance des objets et des êtres vivants : un couteau n'est pas qu'un assemblage de pièces de matériaux et de formes divers, c'est aussi, à un autre niveau, un outil de coupe – différent de tous les autres outils possibles – et encore, à un troisième niveau, un attribut de force ou d'habileté manuelle (lancer au couteau).
Ces différents niveaux sont en rapport paradigmatiques entre eux pour le paradigme "couteau".
[Cette démarche est également adopté en architecture, où celle-ci utilise plusieurs points de vue.]
    Aspect relationnel dans l'analyse systémique
    L'analyse-système à fondement technologique utilise l'aspect relationnel de la grammaire, des relations du mot avec les autres constituants de la phrase. Elle utilise également la sémantique, les motivations du locuteur comme de l'auditeur ou du lecteur, les relations internes entre lettres et phonèmes, et plus largement encore les relations extérieures et intérieures de l'objet (c'est-à-dire du système) avec la réalité. Il n'est pas étonnant d'y voir naturellement apparaître la notion de paradigme.
    Exemples de domaines scientifiques différents :
    * La Science Arabe
    On notera que, hormis quelques dissidents, les Arabes demeurent fidèles au «paradigme» ptoléméen : Terre immobile, système de sphères, combinaisons de cercles pour expliquer les mouvements des planètes, de la Lune et du Soleil.
    * Les révolutions industrielles
    L'expression «révolution industrielle», forgée par les historiens pour désigner la mutation économique et sociale qu'a connue l'Europe entre le milieu du XVIIIe siècle et le milieu du siècle suivant, s'est rapidement imposée dans le langage courant. À ce jour, les pays développés ont connu deux révolutions industrielles mais certains pensent que les mutations technologiques apparues depuis les années 1980 – on parle du paradigme de l'information – sont constitutives d'une troisième révolution industrielle.
Dans ce paradigme de l'information, le journal, la radio, la télévision (etc) sont en rapport paradigmatique entre eux.
    * prospective
    3 paradigmes ont été définis également dans le cadre de la prospective.
    La prospective, ou futurologie, se propose d'explorer le futur pour agir à court terme. Cette discipline, loin d'être simplificatrice ou naïve, pose des questions nouvelles et réclame que les connaissances soient remises en cause et les conditionnements méthodologiques abandonnés.
    Le philosophe Gaston Berger, qui a introduit la prospective en France à la fin des années 1950, affirmait qu'elle aide à « juger ce qu'aujourd'hui nous sommes à partir de l'avenir, au lieu de faire l'inverse, qui est la démarche courante et qui consiste à décider de l'avenir d'après ce que nous sommes actuellement ».
    Usuellement, la prospective est confondue avec toute prévision extrapolant ce qui est déjà connu ou reconnu, donc plutôt quantitative que qualitative, plutôt de degré que de genre.
Dans certains cas, il apparaît – du fait de l'interdépendance dans laquelle se trouvent la science et la technologie – que c'est la prévision technologique qui oriente la recherche scientifique (étude du génome humain, nouvelles mémoires électroniques...) en appelant des progrès. Dans d'autres, des théories comme celle des masers/lasers ouvrent de nouvelles possibilités.
    Pour analyser les conditions dont dépendent ces avancées, l'Américain Thomas S. Kuhn a tenté de faire ressortir, dans les années 1960, trois ordres des choses, qu'il a qualifiés de paradigme
- l'état des connaissances pratiques et théoriques ;
- l'état des moyens d'observation, de traitement de l'information et d'action ;
- et surtout, l'état des représentations ou idées reçues, tant traditionnelles que mythologiques.
    On retrouve donc la notion de fonds d'hypothèses partagées à une époque donnée introduite par le même Thomas Khun dans l'analyse systémique ci-dessus.

Implication de la notion de paradigme dans le domaine informatique
    Mise en forme de l'IA
    La relève de Turing est prise par Allen Newell, John C. Shaw et Herbert A. Simon, qui créent en 1955-1956 le premier programme d'IA, le Logic Theorist, qui repose sur un paradigme de résolution de problèmes qui a l'ambition – très prématurée – de démontrer des théorèmes de logique.
Dans ce paradigme, tout un ensemble de stratégie de résolution de problèmes sont en rapport paradigmatique entre eux
.
    En 1958, au MIT (Massachusetts Institute of Technology), John MacCarthy invente le Lisp (pour list processing), un langage de programmation interactif: sa souplesse en fait le langage par excellence de l'IA (il sera complété en 1972 par prolog, langage de programmation symbolique qui dispense de la programmation pas à pas de l'ordinateur).
    L'élaboration du GPS (general problem solver) en 1959 marque la fin de la première période de l'IA. Le programme GPS est encore plus ambitieux que le Logic Theorist, dont il dérive.
    Il est fondé sur des stratégies logiques de type «analyse des fins et des moyens»: on y définit tout problème par un état initial et un ou plusieurs états finaux visés, avec des opérateurs assurant le passage de l'un à l'autre.
    Ce sera un échec, car, entre autres, le GPS n'envisage pas la question de la façon dont un être humain pose un problème donné. Dès lors, les détracteurs se feront plus virulents, obligeant les tenants de l'IA à une rigueur accrue.
    Paradigme objet
    Après avoir lu ce qui précède, on peut facilement trouver les éléments qui sont en rapport paradigmatique entre eux au sein du "paradigme objet". Ce sont les langages. Ceux-ci doivent respecter les règles admises et intériorisées comme «normes» par la communauté scientifique (pour reprendre la définition de Kuhn).
    Concernant l'objet, ces "règles" se retrouvent dans les notions d'héritage, d'encapsulation, d'agrégation, de généricité, de polymorphisme. Cf. aussi Paradigmes POO (réponses)
    Tout langage capable de respecter ces "règles" fait parti du "paradigme objet". Ces langages sont de 2 types :
- les langages dits "objet" (comme Smalltalk, C++, Java, Eiffel) car ils sont livrés avec ces mécanismes "prêts à l'emploi" ;
- les autres langages (comme le C ou même COBOL) que l'on peut adapter, via une programmation explicite, aux règles de l'objet.
    Paradigme composant
    L'approche composant de plus en plus en vogue aujourd'hui prône une modélisation à base de composant ayant comme caractéristique première, outre leur interface, celle d'être à forte cohérence interne et faible couplage externe. (en clair, les objets sont, à l'intérieur d'un composant, très dépendants, couplés entre eux, mais dépendent peu d'autres composants, et encore, uniquement via une interface publique centralisée).
    Or cette approche n'est jamais que la reprise du mécanisme de la boite noire dans la science des systèmes
     D'un côté, nous avons eu  la mécanique classique. Elle fonda la doctrine que l’on peut a posteriori tenir pour le paradigme de la boîte transparente (le modèle descriptif – le mécanisme d’horlogerie – doit être le modèle explicatif: la loi déterminant le comportement, exemple Newton et ses Lois appliqués aux mouvements des astres),
    De l'autre, la science des systèmes tire son origine des vertus heuristiques de la science des mécanismes, familières déjà aux mécaniciens grecs, et qui incitèrent aux pratiques modélisatrices que nous entendons aujourd’hui par le paradigme de la boîte noire; il importe peut-être davantage de savoir ce que fait et ce que pourrait faire tel mécanisme que de savoir comment il le fait : cette hypothétique horlogerie interne est peut-être sans importance; que perd-on à l’ignorer, dans sa boîte noire, dès lors que l’on dispose de quelque modèle qui permet de simuler son comportement avec assez de fidélité ?!
    Le paradigme composant, au travers de son "approche composant", reprend donc le principe de la boite noire.
    Paradigme de programmation
    On trouvera d'autres paradigmes dans les langages de programmation au travers du questionnaire sur les paradigmes de programmation et de ses réponses


               
 
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