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Avant re rentrer dans le détail, c'est
quoi, en quelques lignes, un paradigme ?
un modèle de
référence.
On verra ci-dessous que les travaux de Kuhn,
dans le cadre de l'approche systémique, définissent le
paradigme comme :
Les règles admises
et intériorisées comme « normes » par la communauté scientifique,
à un moment donné de son histoire, pour délimiter et problématiser
les « faits » qu'elle juge dignes d'étude.
Si l'on se réfère au sens philosophique de
paradigme, l'on obtient :
Est
paradigme ce que l’on montre à titre d’exemple, ce à quoi on se
réfère comme à ce qui
exemplifie une règle et peut donc servir de modèle.
Cette définition issue de l'[EncyclUnivers],
résume bien le rôle de ce mot lorsqu'il est appliqué à des
concepts informatiques. Le même article (pourtant consacré au
paradigme du point de vue philosophique) ajoute qu'un paradigme
est l’objet « facile » sur lequel on s’exerce avant de traiter
d’un objet ressemblant au premier, mais plus difficile.
Ainsi, dire que java respecte le paradigme objet
signifie que ce langage permet de mettre en oeuvre une programmation
avec des objets qui ont bien des propriétés d'héritage,
d'encapsulation et de polymorphisme.
Pourtant, ce même langage va plus loin, en y apportant des
propriétés d'introspection qui lui permettent de découvrir
dynamiquement les propriétés d'un objet.
Le paradigme objet est ici à la fois modèle de
référence et exemple qui sert de modèle.
Il s'agit d’un ensemble de principes qui structurent, plus ou moins consciemment, la manière de connaître la réalité à étudier et, en conséquence, la façon d’agir éventuellement sur
celle-ci.
Ceci étant posé, ceux qui en ont le courage
peuvent s'attaquer à l'origine même de ce mot, origine justement
liées aux mots et à la linguistique.
Origine linguistique
Un paradigme est "par défaut" un paradigme
linguistique. C'est dans ce domaine que cette notion a été définie
par Ferdinand de Saussure, qui l'oppose au syntagme.
Ces 2 termes vont maintenant vous être définis, mais sachez que,
durant toute votre lecture, vous pouvez associer
à "paradigme" la notion de "substitution", et à
"syntagme" la notion de "combinaison".
Origine, Ferdinand de Saussure, père du
structuralisme
C'est dans son Mémoire sur le système primitif
des voyelles dans les langues indo-européennes (1878) qu'apparaît
pour la première fois, dans l'œuvre de F. de Saussure, une analyse
de la langue de type structural, les éléments du système étant
définis sur la base de leur fonction et non pas de leurs caractéristiques
phoniques.
Plus de vingt ans plus tard, entre 1906 et 1911, en
même temps qu'il enseigne la linguistique générale à l'université
de Genève, il élabore la matière de son livre posthume, le Cours de
linguistique générale (1916), qui va révolutionner l'étude des
faits de langue. On y trouve des distinctions aujourd'hui célèbres,
et qui vont être au centre des conceptions de la linguistique du XXe
siècle.
Il établit tout d'abord une distinction entre le
langage (la faculté générale qu'ont les êtres humains de parler)
et la langue (chaque instrument linguistique particulier), qu'il
distingue à son tour de la parole (l'ensemble des réalisations
individuelles).
La tâche de la linguistique serait, de ce point de
vue, de décrire la langue en partant de l'analyse des actes de parole.
Saussure différencie également l'approche
synchronique, qui étudie les faits de langue contemporains, à un
moment donné de l'histoire, et l'approche diachronique, qui les étudie
dans leur succession historique.
Mais les deux dichotomies les plus importantes pour
la linguistique moderne concernent le paradigme et le syntagme d'une
part, le signifié et le signifiant d'autre part.
La première permet de distinguer les relations
qu'une unité linguistique entretient avec d'autres unités présentes
dans la chaîne du discours (relations syntagmatiques) des relations
qu'elle entretient avec des unités absentes et qui pourraient occuper
sa place (relations paradigmatiques).
[D'où les notions de "combinaison" pour le syntagme
et de "substitution" pour le paradigme]
Ainsi, dans la phrase "je lis un article sur la
linguistique", le pronom "je" entre en relation avec
les autres éléments du syntagme et entretient d'autres types de
relations avec les éléments du paradigme qui pourraient occuper la même
place (tu, il, etc.).
La seconde de ces dichotomies distingue entre les
deux faces du signe, le signifiant (c'est-à-dire la forme concrète
acoustique ou phonique) et le signifié (le concept, le contenu sémantique,
l'ensemble des réalités à quoi renvoie le signifiant). Le rapport
entre ces deux faces est arbitraire et l'arbitraire du signe
constitue précisément le centre de la théorie saussurienne, le
fondement de la notion de système (ou de structure).
Définitions :
paradigme
n. masc.
1. LING. Ensemble des différentes unités lexicales ou des différentes
formes d'un mot qui peuvent commuter entre elles dans un même
contexte linguistique. Ainsi moi, toi, lui, nous, vous, eux, Pierre
appartiennent au même paradigme dans "je pense à…" : on
peut substituer "moi" à "vous" sans
changer de contexte linguistique.
2. GRAMM. Ensemble constitué par les différentes formes d'un
verbe: aime, aimons, aimez, etc.
Les unités appartenant à un même paradigme sont
en rapport paradigmatique. Ainsi, dans l'exemple précédent,
"moi, toi, lui, nous, vous, eux" sont en rapport
paradigmatique dans le paradigme "je pense à ...".
|
F. de Saussure oppose ce type de rapports (in
absentia)
aux rapports syntagmatiques (in praesentia). |
syntagme
n. masc.
LING. Groupe de mots ayant une certaine cohésion
interne.
- Dans le cadre distributionnel, le syntagme se définit comme
un
groupe de mots qu'on peut remplacer par un seul mot (ex.: "le
petit chat est mort" / "il est mort"). "le petit
chat" est une combinaison de mot suffisamment cohérente
pour être en rapport paradigmatique (substitution) avec
"il" dans le paradigme "... est mort.
- Dans le cadre transformationnel, il se définit comme
un groupe de
mots susceptible de subir une transformation de déplacement (ex.: la
voiture blanche a renversé un piéton => un piéton a été
renversé par la voiture blanche).
La cohésion interne du syntagme se manifeste également par des phénomènes
d'intonation et, en français, par la liaison et l'accord grammatical
("les grosses voitures américaines des années 50" est une combinaison
désignant un certain type de voiture).
On parle de :
- syntagme nominal lorsque le syntagme joue le rôle d'un nom (le
petit Poucet, combinaison désignant le héros d'un
comte de Grimm ?) ;
- de syntagme verbal lorsqu'il joue le rôle d'un verbe (prendre part
à un combat, combinaison signifiant
"combattre") ;
- de syntagme adverbial (la nuit tombée, combinaison désignant
un temps précis) ;
- et de syntagme prépositionnel (à sa sœur, pour ses parents, combinaison
désignant un destinataire). |
Exemples linguistiques s'appuyant sur la
notion de paradigme
On retrouve la notion de paradigme toujours en
linguistique pour la déclinaison :
déclinaison n. fém. GRAMM. Liste (ou paradigme) des formes fléchies en
cas (le cas indique la fonction du syntagme dans la phrase) —
et,
par accord, en genre et en nombre — des noms, pronoms, adjectifs et
déterminants.
La déclinaison est pour les noms ce que la conjugaison est pour les
verbes: le paradigme des formes qu'ils peuvent affecter
selon leur fonction.
Exemple, pour le paradigme "réel", on
trouvera "réels", "réelle", "réelles"...
La notion de substitution se trouve mise en évidence
pour le supplétif :
supplétif, ive (adj.) GRAMM. Se dit d'une forme qui vient en suppléer
une autre, cette dernière n'existant pas dans un paradigme:
ainsi, pour le verbe aller, certaines formes ne sont pas constituées
sur le radical all-: les radicaux va (je vais, tu vas, ...) et ir-
(j'irai, tu iras, ...) sont des formes supplétives. les lettres
"is" et "vais", ou "a" de va sont les désinences
(ici verbales), c.à.d. les éléments variables ajoutés au
radical pour former un paradigme nominal ou verbal. (le
radical est la forme concrète de la réalisation d'un mot).
Les travaux de Thomas Kuhn (1962, livre sur la
Structure des révolutions scientifiques)
Contexte
Aux diverses variantes de l'empirisme qui présentaient
la connaissance scientifique comme issue d'une série d'observations
logiquement coordonnées, Kuhn objectait à son tour qu'il n'a jamais
existé d'observation pure; il montrait que toute observation
scientifique est sous-tendue par une théorie. Il dénonçait comme un
leurre le projet affirmé d'une «unification des sciences» soit par
une méthodologie commune, soit par un langage commun. Recourant à la
vieille métaphore cosmologico-politique de la «révolution», il
faisait de surcroît apparaître que le progrès scientifique n'est
pas cumulatif, mais qu'il comporte des «moments critiques», où se
reconstitue sur de nouvelles bases l'ensemble des problèmes formulés
et où se redéfinissent les procédures de leur solution.
La notion de paradigme
Pour rendre compte de cette allure discontinue du
progrès dans la connaissance, il avançait une notion qui n'a cessé
de faire fortune, sans doute à cause du flou qui entoure son usage:
celle de paradigme.
Selon une perspective sociologique, héritée du médecin
polonais Ludwik Fleck, il désignait par là les règles admises
et intériorisées comme «normes» par la communauté scientifique,
à un moment donné de son histoire, pour délimiter et problématiser
les «faits» qu'elle juge dignes d'étude.
Qu'un paradigme – par exemple, le paradigme
aristotélicien ou le paradigme newtonien – règne sans partage, et
les chercheurs s'affairent dans le cadre d'une «science normale»,
c'est-à-dire à la fois normalisée et normative. Au XVIIIe siècle,
on s'emploie ainsi à être «newtonien» en chimie, en histoire
naturelle, en psychologie.
Que ce paradigme se trouve remis en cause par une série
d'anomalies, comme on le voit avec le second principe de la
thermodynamique et les difficultés d'interprétation de l'électromagnétisme
de Maxwell, et l'on entre dans une période critique, laquelle s'achèvera
avec la mise en place d'un nouveau paradigme. L'analyse systémique
Née, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale,
de la rencontre de la biologie, de la cybernétique et de la théorie
des systèmes, l'analyse systémique, ou approche-système,
appartient aujourd'hui au courant scientifique qui analyse les éléments
de processus complexes comme composants d'un ensemble où ils sont en
relation de dépendance réciproque. Son champ d'étude ne se limite
pas à la mécanisation de la pensée: l'analyse systémique est une méthodologie
qui organise les connaissances pour optimiser une action.
La méthode systémique
L'objectif de l'approche-système est de schématiser
n'importe quel ensemble complexe, d'aboutir à une modélisation qui
permette d'agir sur lui, après que l'on a compris sa configuration
matérielle et sa structure dynamique.
[Cela rappelle furieusement l'activité de modélisation
d'un programme ou système informatique, non ?]
Elle est utilisée comme outil de prévision dans les domaines les
plus variés: psychologie sociale, urbanisme, économie politique, épidémiologie,
écologie, logistique, technologie.
La notion de système
On entend par système tout objet structuré,
composé d'éléments abstraits ou concrets en interaction, et ouvert
sur un environnement : on doit donc lui assigner une frontière qui
distingue ce qui est à l'intérieur et ce qui est à l'extérieur.
[Et tout informaticien sait bien que cela constitue une des
difficultés majeures de la modélisation d'un système : délimiter
sa frontière, définir les acteurs d'un système.]
Le système considéré peut être aussi bien la consommation d'alcool
des ménages, la circulation automobile dans une ville, le marché
agroalimentaire, la propagation d'un virus ou l'écosystème d'une forêt.
L'échelle de complexité des systèmes, décroissante,
classe d'abord les organisations sociales plus ou moins autonomes,
puis les individus plus ou moins dotés de langage et de mémoire,
donc de capacité d'apprentissage, et enfin les servomécanismes et
les mécanismes.
[L'analogie avec l'informatique est évidente : la
phase d'analyse
vise justement à abstraire un système et à le
structurer en sous-système.]
Analyse systémique et simplification du réel
La méthode systémique implique nécessairement
une simplification, et l'acteur qui agit dans le cadre d'un système
ne doit jamais oublier son projet (ou la finalité du système) pour
conserver au mode opératoire un contact avec la réalité.
La connaissance équilibrée du réel doit contenir une
«résignation consciente à l'approximation»
(!), quels que soient les
apports analytiques des divers spécialistes et disciplines
scientifiques ou techniques.
En clair, une modélisation ne représente pas
l'exacte réalité des choses: comme une représentation graphique ou
une algorithmique chiffrée, elle reste une
abstraction.
De plus, il faut pondérer toute représentation du coefficient de
l'observateur, pour tenir compte du conditionnement culturel de la
communauté scientifique: Thomas Kuhn appelle «paradigme» ce
fonds d'hypothèses partagées à une époque donnée.
L'approche systémique à base technologique
utilise une optique fondée sur des angles de vue multiples, ce qui
permet de progresser dans la connaissance des objets et des êtres
vivants : un couteau n'est pas qu'un assemblage de pièces de matériaux
et de formes divers, c'est aussi, à un autre niveau, un outil de
coupe – différent de tous les autres outils possibles – et
encore, à un troisième niveau, un attribut de force ou d'habileté
manuelle (lancer au couteau).
Ces différents niveaux sont en rapport paradigmatiques entre eux pour
le paradigme "couteau".
[Cette démarche est également adopté en architecture,
où celle-ci utilise plusieurs points
de vue.]
Aspect relationnel dans l'analyse systémique
L'analyse-système à fondement technologique
utilise l'aspect relationnel de la grammaire, des relations du mot
avec les autres constituants de la phrase. Elle utilise également la
sémantique, les motivations du locuteur comme de l'auditeur ou du
lecteur, les relations internes entre lettres et phonèmes, et plus
largement encore les relations extérieures et intérieures de l'objet
(c'est-à-dire du système) avec la réalité. Il n'est pas étonnant
d'y voir naturellement apparaître la notion de paradigme.
Exemples de domaines scientifiques différents
:
* La Science Arabe
On notera que, hormis quelques dissidents, les
Arabes demeurent fidèles au «paradigme» ptoléméen :
Terre immobile, système de sphères, combinaisons de cercles pour
expliquer les mouvements des planètes, de la Lune et du Soleil.
* Les révolutions industrielles
L'expression «révolution industrielle», forgée
par les historiens pour désigner la mutation économique et sociale
qu'a connue l'Europe entre le milieu du XVIIIe siècle et le milieu du
siècle suivant, s'est rapidement imposée dans le langage courant. À
ce jour, les pays développés ont connu deux révolutions
industrielles mais certains pensent que les mutations technologiques
apparues depuis les années 1980 – on parle du paradigme de
l'information – sont constitutives d'une troisième révolution
industrielle.
Dans ce paradigme de l'information, le journal, la radio, la télévision
(etc) sont en rapport paradigmatique entre eux.
* prospective
3 paradigmes ont été définis également dans le
cadre de la prospective.
La prospective, ou futurologie, se
propose d'explorer le futur pour agir à court terme. Cette
discipline, loin d'être simplificatrice ou naïve, pose des questions
nouvelles et réclame que les connaissances soient remises en cause et
les conditionnements méthodologiques abandonnés.
Le philosophe Gaston Berger, qui a introduit la
prospective en France à la fin des années 1950, affirmait qu'elle
aide à « juger ce qu'aujourd'hui nous sommes à partir de
l'avenir, au lieu de faire l'inverse, qui est la démarche courante et
qui consiste à décider de l'avenir d'après ce que nous sommes
actuellement ».
Usuellement, la prospective est confondue avec
toute prévision extrapolant ce qui est déjà connu ou reconnu, donc
plutôt quantitative que qualitative, plutôt de degré que de genre.
Dans certains cas, il apparaît – du fait de l'interdépendance dans
laquelle se trouvent la science et la technologie – que c'est la
prévision technologique qui oriente la recherche scientifique (étude
du génome humain, nouvelles mémoires électroniques...) en
appelant des progrès. Dans d'autres, des théories comme
celle des masers/lasers ouvrent de nouvelles possibilités.
Pour analyser les conditions dont dépendent
ces avancées, l'Américain Thomas S. Kuhn a tenté de faire
ressortir, dans les années 1960, trois ordres des choses,
qu'il a qualifiés de paradigme :
- l'état des connaissances pratiques et théoriques ;
- l'état des moyens d'observation, de traitement de l'information et
d'action ;
- et surtout, l'état des représentations ou idées reçues, tant
traditionnelles que mythologiques.
On retrouve donc la notion de fonds d'hypothèses
partagées à une époque donnée introduite par le même Thomas Khun dans
l'analyse systémique ci-dessus. Implication de la notion de paradigme dans le domaine
informatique
Mise en forme de l'IA
La relève de Turing est prise par Allen Newell,
John C. Shaw et Herbert A. Simon, qui créent en 1955-1956 le premier
programme d'IA, le Logic Theorist, qui repose sur un paradigme
de résolution de problèmes qui a l'ambition – très prématurée
– de démontrer des théorèmes de logique.
Dans ce paradigme, tout un ensemble de stratégie de résolution de
problèmes sont en rapport paradigmatique entre eux.
En 1958, au MIT (Massachusetts Institute of
Technology), John MacCarthy invente le Lisp (pour list processing), un
langage de programmation interactif: sa souplesse en fait le langage
par excellence de l'IA (il sera complété en 1972 par prolog, langage
de programmation symbolique qui dispense de la programmation pas à
pas de l'ordinateur).
L'élaboration du GPS (general problem solver) en
1959 marque la fin de la première période de l'IA. Le programme GPS
est encore plus ambitieux que le Logic Theorist, dont il dérive.
Il est fondé sur des stratégies logiques de type
«analyse des fins et des moyens»: on y définit tout problème par
un état initial et un ou plusieurs états finaux visés, avec des opérateurs
assurant le passage de l'un à l'autre.
Ce sera un échec, car, entre autres, le GPS
n'envisage pas la question de la façon dont un être humain pose un
problème donné. Dès lors, les détracteurs se feront plus
virulents, obligeant les tenants de l'IA à une rigueur accrue.
Paradigme objet
Après avoir lu ce qui précède, on peut
facilement trouver les éléments qui sont en rapport paradigmatique
entre eux au sein du "paradigme objet". Ce sont les
langages. Ceux-ci doivent respecter les règles admises et intériorisées
comme «normes» par la communauté scientifique
(pour
reprendre la définition de Kuhn).
Concernant l'objet, ces "règles" se
retrouvent dans les notions d'héritage, d'encapsulation, d'agrégation,
de généricité, de polymorphisme. Cf. aussi Paradigmes
POO (réponses)
Tout langage capable de respecter ces "règles"
fait parti du "paradigme objet". Ces langages sont de 2
types :
- les langages dits "objet" (comme Smalltalk, C++, Java,
Eiffel) car ils sont livrés avec ces mécanismes "prêts à
l'emploi" ;
- les autres langages (comme le C ou même COBOL) que l'on peut
adapter, via une programmation explicite, aux règles de l'objet.
Paradigme composant
L'approche composant de plus en plus en vogue
aujourd'hui prône une modélisation à base de composant ayant comme
caractéristique première, outre leur interface, celle d'être à
forte cohérence interne et faible couplage externe. (en clair, les
objets sont, à l'intérieur d'un composant, très dépendants, couplés
entre eux, mais dépendent peu d'autres composants, et encore,
uniquement via une interface publique centralisée).
Or cette approche n'est
jamais que la reprise du mécanisme de la boite noire dans la science
des systèmes.
D'un côté, nous avons eu la mécanique
classique. Elle fonda la doctrine que l’on peut a posteriori tenir
pour le paradigme de la boîte transparente (le
modèle descriptif – le mécanisme d’horlogerie – doit être le
modèle explicatif: la loi déterminant le comportement,
exemple Newton et ses Lois appliqués aux mouvements des astres),
De l'autre, la science des systèmes tire son
origine des vertus heuristiques de la science des mécanismes, familières
déjà aux mécaniciens grecs, et qui incitèrent aux pratiques modélisatrices
que nous entendons aujourd’hui par le paradigme de la boîte
noire; il
importe peut-être davantage de savoir ce que fait et ce que pourrait
faire tel mécanisme que de savoir comment il le fait : cette
hypothétique horlogerie interne est peut-être sans importance; que
perd-on à l’ignorer, dans sa boîte noire, dès lors que l’on
dispose de quelque modèle qui permet de simuler son comportement avec
assez de fidélité ?!
Le paradigme composant,
au travers de son "approche
composant", reprend donc le principe de la boite noire.
Paradigme de programmation
On trouvera d'autres paradigmes dans les langages
de programmation au travers du questionnaire
sur les paradigmes de programmation et de ses réponses
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