1997 -
1998 : C'est reparti ?
Pour différentes raisons
économiques et/ou géo-politique (l'Euro,
passage à l'an 2000...), les
activités liées à l'informatique
"repartent". C'était presque
inéluctable : avec la
montée en flèche de la micro-informatique,
dont la puissance de calcul rivalise avec les
grosses stations d'il y a 4 ou 5 ans, pour un
prix ridicule, l'informatique
est maintenant partout. Elle fait partie
de tout projet important. Que ce soit pour
l'organisation des Jeux Olympiques (système de
surveillance, affichage des résultats des
compétitions) ou que ce soit pour la gestion
d'une ville (surveillance des métros,
régulation du trafic) ou encore dans le domaine,
en pleine expansion des télécom (gestion des
base de données des abonnés, gestion des
réseaux, ...), les projets se multiplient. A force, la main d'uvre
qualifiée, au fait des dernières technologies
(objets, réseaux, OS) vient
à manquer!
Doit-on affirmer pour autant que le
prestataire en informatique, dans un élan de
fierté professionnelle, relève la tête ?
Certes, en cette fin de siècle, son salaire est
en train d'être sérieusement relevé. Mais la
crise précédemment évoquée a laissé de
profondes cicatrices :
- Le prestataire est
"mal vu". Ce n'est plus un
"ennemi". Les syndicats des grandes
sociétés ont fait leur travail : Aujourd'hui,
la quasi totalité des salariés qui le
souhaitaient ont eu accès à des formations leur
permettant de combler leur retard face à cette
nouvelle technologie et leur assurant de pouvoir
réaliser des tâches similaires aux
prestataires. Le problème n'est donc plus là,
mais ces prestataires sont
dénoncés comme étant "trop nombreux".
Les grandes industries ont du mal à se défaire
des habitudes acquises en 6 ans : pour elles, il est encore plus pratique de
louer les services de quelqu'un plutôt que
d'embaucher. Or, à l'orée des 35 heures,
l'embauche est un sujet "sensible" que
le prestataire, de par sa seule présence et
existence, semble menacer!!! (je caricature, mais
en gros, cela revient au même).
- Les salaires ne remontent
que lentement (pour les
"jeunes"), malgré l'importante
augmentation de l'activité informatique décrite
au début de ce paragraphe. En effet, pour gagner
de l'argent, une SSII a le choix entre régies et
forfaits.
* Concernant
la régie, les prix imposés par les clients
restent bas (encore un souvenir des 6 ans
de crise!). La plupart des SSII préfèrent se
plier à ces tarifs (parfois à perte) pour
pouvoir conserver "dans la place" (chez
un grand client) un prestataire et pour pouvoir
figurer sur les fameuses "listes". En
effet, chaque client tient à jour une liste de
SSII privilégiées qui seront prévenues en
premier lors des appels d'offres... Avoir un
prestataire représente donc un enjeu qui va au
delà de la simple prestation technique. |
Toutefois, certaines
SSII commencent à faire de la résistance et
prennent le temps de rechercher pour leurs
ingénieurs de meilleurs clients, quitte à
supporter des période d'inter-contrat plus
longue. Le terme de
consultant revient alors à la mode, surtout
parce que cela permet d'y associer des tarifs
plus élevés! (pour le reste, le
prestataire reste prestataire!... c'est-à-dire
un exécutant, sans réel pouvoir de décision,
du moins en début de carrière.)
* Concernant
les forfaits, ils ne sont plus aussi simples à
décrocher (sauf pour les indépendants).
Les clients, échaudés par
des conduites de projets parfois fantaisistes,
exigent maintenant que l'on montre "patte
blanche". Cela passe donc par une
certification ISO accompagnée parfois par une
certification dans le domaine de la gestion d'un
projet informatique comme CMM et son modèle à 5
niveau. De plus, les délais sont de plus en plus
tendus et les prix de plus en plus bas! Bref, le
forfait est devenu compliqué et risqué...(Attention,
le témoignage
nuance cette affirmation).
- La formation technique
des prestataires est rarement assurée,
surtout lorsque ce dernier travaille en régie.
En effet, il est de plus en plus courant que cet
ingénieur, en contact permanent avec le client,
se fasse... embaucher par ce dernier. Cela se
produit tôt dans la carrière, à une époque
où il ne coûte pas encore trop cher (en terme
de salaire!). Pourquoi une SSII investirait alors
dans une personne amenée à partir
inéluctablement ? Là encore, le souvenir de la
crise et du "turn-over" important a
laissé des traces. Toutefois, la formation reste
assurée pour des projets concernant des réseaux
ou de l'informatique industrielle, avec des
impératifs de production et de résultat.
Cependant, sur de tels postes, l'embauche du
prestataire par le client est également monnaie
courante!
L'an 2000 et au-delà : Conclusion...
L'ère de "l'aventure
informatique" est révolue. Aujourd'hui, un prestataire est un
"professionnel de l'informatique",
non seulement au courant des dernières
technologies, mais aussi au fait des normes
qualités qu'il se doit de respecter.
Il est un gestionnaire qui maîtrise, à son
niveau, ses coûts et ses délais de
réalisation. Même s'il intervient peu dans les
décisions liées à la conduite d'un projet
informatique, son expertise technique lui permet
prendre du recul face à ce qu'on lui demande
afin de le réaliser le plus efficacement
possible...
Bref, pour caricaturer à outrance et sans
vouloir généraliser :), le
bidouilleur fou des années 80 est loin.
Rendu plus mature après une crise économique
importante, l'ingénieur
est devenu encore plus responsable et encore plus
conscient de son univers industriel.
C'est moins rigolo, mais au moins, on peut
espérer que c'est parti pour durer... |