Détaché
ou Expatrié ?
Un détaché
bénéficie du régime général de sécurité
sociale française comme si vous restiez
en France.
En revanche, un véritable expatrié
est assujetti au régime de protection sociale du
pays de séjour *avec* possibilité d'adhérer en
France au régime volontaire de sécurité
sociale des expatriés (vous trouverez un
exemple d'expatrié dans le témoignage d'un
Esialien à Los
Angeles).
Voici les questions à vous poser pour
déterminer si vous êtes ou non détaché. Si
vous répondez OUI à TOUTES ces questions, vous
êtes "détaché", sauf si votre
employeur opte quand même pour le régime de
l'expatriation.
Séjour dans un
pays membre de l'Union Européenne
:
- Etes-vous envoyé à l'étranger par un
employeur français ?
- Votre mission est-elle temporaire ? (2
ans max. sauf dérogation)
- Vous continuez à être payé par votre
employeur français ?
- Vous ne remplacez pas un salarié arrivé au
terme de sa période de droit au statut de
détaché ?
- Votre employeur s'engage-t-il à payer les
cotisations ?
Séjour dans un
pays ayant conclu une convention de sécurité
sociale avec la France :
- Etes-vous envoyé à l'étranger par un
employeur français ?
- Votre mission est-elle temporaire ? (Durée
prévue par la Convention Collective)
- Vous continuez à être payé par votre
employeur français ?
- Votre employeur s'engage-t-il à payer les
cotisations ?
Séjour dans un
pays non membre de l'Union Européenne n'ayant
pas conclu une convention de sécurité sociale
avec la France :
- Etes-vous envoyé à l'étranger par un
employeur français ?
- Votre mission est-elle temporaire ? (6
ans au plus)
- Vous continuez à être payé par votre
employeur français ?
- Vous n'avez pas déjà bénéficié du régime
de détachement au titre d'un précédent séjour
dans le même pays, dans la même entreprise,
pour le même employeur français ?
* Si non, vous en avez bénéficié
moins de 6 ans ?
* Si non, vous avez achevé votre
dernière mission dans le pays depuis plus de 2
ans ?
- Votre employeur s'engage-t-il à payer les
cotisations ?
La demande de détachement
Elle est à faire par l'employeur,
mais ce régime ne
s'applique pas de plein droit : il n'est
pas obligatoire et ne représente qu'une option
laissée à son initiative.
Séjour dans un pays membre de l'Union
Européenne :
Si la Caisse d'Assurance Maladie donne son
accord, votre employeur vous remettra :
- le formulaire E101 (certificat de détachement)
- le formulaire E111 (attestation de droit aux
prestations)
Pour des missions ne dépassant pas 3 mois, des
formulaires E101 pré-établis suffisent.
Pour des missions de plus d'un an,
l'employeur demandera immédiatement une
convention dérogatoire afin d'étendre votre
protection à la durée totale de la mission.
Séjour dans un
pays *non* membre de l'Union Européenne
:
Si la Caisse d'Assurance Maladie donne son
accord, votre employeur vous remettra :
- le formulaire S.9201 (Cerfa 603549) ou celui
prévu par la Sécurité Sociale. ne dépassant
pas 3 mois, l'employeur ne remet à la Caisse
qu'un "avis de mission professionnelle à
l'étranger" (S.9203).
Pour des missions de plus de 3 ans,
l'employeur renouvellera la procédure.
Attention : dans tous les cas,
pensez à informer vous-même votre Caisse
d'affiliation des noms (etc.) des membres de
votre famille appelés à vous rejoindre.
Le décompte de la durée de
détachement
Les
séjours temporaires effectués en France
(quel qu'en soit le motif - professionnel,
personnel, congés, ...-) sont
intégrés dans le calcul du temps passé à
l'étranger.
Si vous exercez votre activité sur plusieurs
pays, vous serez traité comme si l'activité
était réalisée entièrement dans un seul pays.
Sécurité Sociale pour les Détachés
Principe : vous continuez à être
soumis au régime de sécurité sociale français
habituelle : Vos cotisations prendront en compte
tous les suppléments de rémunérations liés à
l'expatriation.
Séjour dans un
pays non membre de l'Union Européenne n'ayant
pas conclu une convention de sécurité sociale
avec la France :
- Attention à la
double-cotisation. Vous ne pourrez pas
échapper aux cotisations concernant le régime
local du pays.
Prestations : elles vous sont
servies par la Caisse d'Assurance Maladie
française à laquelle vous êtes affilié.
La déclaration des accidents de travail passe
par votre employeur.
Le remboursement des soins et médicaments se
font sur la base des frais réel dans la limite
des tarifs et des plafonds conventionnels français.
Dans tous les cas, mieux vaut se faire certifier
par les autorités consulaires françaises les
documents justificatifs des dépenses engagées
à l'étranger.
Sécurité Sociale pour les Expatriés
Principe : vous dépendez
entièrement du système social de l'état où
vous travaillez.
Mais : vous pouvez adhérer au régime volontaire
français de sécurité sociale des expatriés,
gérée par la Caisse
des Français de l'Etranger (CFE)
(rue des Meuniers, BP100, 77950 Rubelles. (cf.
également le Bureau d'Information de Paris, 12
rue de la Boétie, 75008 Paris).
La CFE vous permet ainsi de
rester à la "Sécu".
Attention :
- dans un Etat de l'Union Européenne, la plupart
des assurances proposées par la CFE le sont
également par le régime local (auquel vous
devez obligatoirement adhérer). Si vous jugez
toutefois ce régime local insuffisant, vous
pouvez en plus adhérer à la CFE (donc, double
cotisation...).
- les frontaliers sont exclus de ce régime.
Les cotisations sont calculées en fonction de la
rémunération brute totale versée pour le
travail effectué à l'étranger (y compris
primes et indemnités). Le taux normal est de
6.75%. Elles sont dues par trimestre.
Au retour définitif en France, il suffit
d'avertir la CFE qui prononcera votre radiation
effective le dernier jour du mois en cours. Si,
à votre retour, vous êtes "demandeur
d'emploi", vous continuez à être pris en
charge par la CFE pendant les 3 mois qui suivent
votre premier jour de résidence en France.
Protection sociale
complémentaire.
Il faut bien comprendre que l'on est remboursé que
dans la limite des barèmes conventionnels
français. Et ce quel que soit le
régime français choisi selon sa situation
(Sécu classique ou CFE).
Or, le prix de la santé à
l'étranger n'est pas le même qu'en France.
Et, pour certains pays (Canada, Etats-Unis,
Singapour), vous pouvez en être de votre poche
de façon non négligeable!
Renseignez-vous avant le départ pour souscrire
une assurance complémentaire qui vous permettra
de mieux supporter le coût local de la santé.
Les prestations familiales
Principe : celui de territorialité
: pour en bénéficier, il faut résider en France et avoir à
charge un ou plusieurs enfants résidant en
France. |
Les
prestations familiales
(suite)
Vous êtes
détaché :
Vous avez doit à ces prestations au pro-rata du
nombre d'enfants résidants en France. Si tous
vos enfants sont avec vous, vous n'y avez pas
droit.
Vous êtes
expatrié :
Vous n'y avez pas droit sauf si votre conjoint a
une activité en France. Sinon, reportez vous aux
accords existant entre le nouveau pays et la
France, ou encore à votre CAF.
Dans tous les cas, informez votre Caisse
d'Allocations Familiales (CAF).
La retraite
Vous êtes
détaché :
Votre départ n'entraîne aucune perte de droit.
Renseignez-vous au CNAVTS (Caisse Nationale
d'Assurance Vieillesse des Travailleurs Salariés
(75951 Paris).
Pour les cadres, vous cotiserez à 2 régimes :
l'ARRCO (Associations des Régimes de Retraites
Complémentaires) et AGIRC (Association
Générale des Institutions de Retraite des
Cadres). Renseignez-vous auprès de cette
dernière pour connaître, à ses yeux, votre
statut.
Vous êtes
expatrié :
L'avenir de votre retraite française est basé
sur votre adhésion volontaire :
- à l'assurance vieillesse expatriée de la
sécu, gérée par la CNAVTS, et
- aux régimes complémentaires ARRCO et AGIRC.
Expatrié, Vous
partez dans un état membre de l'Union
Européenne :
Vous dépendez (et devez en payer les
cotisations) du régime de retraite local.
L'ensemble des périodes de cotisations sera pris
en compte pour le calcul de vos droits.
Expatrié, Vous
partez dans un état lié avec la France par une
convention de Sécu:
Idem que ci-dessus, mais il vous faut vous
reporter à la Convention concernée.
Expatrié, Vous
partez dans un état non membre de la Communauté
Européenne, non lié avec la France par une
convention de Sécu :
La période de travail à l'étranger sera
"perdue". Vous bénéficierez sans
doute d'une pension locale.
Attention à la
retraite du conjoint qui vous accompagne :
La période de séjour à l'étranger sera
"perdue" sauf si votre conjoint adhère
à la CFE au régime d'Assurance Vieillesse des
Personnes Chargées de Famille (ce qui suppose
d'avoir la nationalité française, de n'exercer
aucune activité professionnelle et d'avoir à
charge un enfant de moins de 20 ans).
Rachat des
cotisations de l'Assurance Vieillesse
:
C'est possible (cf. CNAVTS).
Régimes de
retraites complémentaires :
Ils n'ont rien d'obligatoires. 3 cas d'extensions
de territorialité existent et vous permettent de
cumuler les nouveaux points acquis aux points
existants au moment de votre départ.
Extension de territorialité cas A (pour
les détachés) : à la demande de votre
employeur établi en France, contrat souscrit par
la société. Vérifiez que votre société qui
vous détache a souscrit cette extension.
Extension de territorialité cas B (pour
les expatriés) : à la demande de votre
employeur étranger, à adresser à l'IRCAFEX
(Institut de Retraite des CAdres Français
EXpatriés) pour le régime AGIRC (pour les
cadres).
Vérifiez
périodiquement que votre employeur étranger
verse bien les cotisations, afin de ne pas perdre
des droits à retraite sans vous en apercevoir.
Extension de territorialité cas D
(individuel) : il s'agit d'une démarche
individuelle, qui n'engage pas l'employeur. Vous ne pouvez pas en effet
obliger votre employeur à faire une demande
d'extension (A ou B). Vous êtes donc
libre de demander cette extension (D), à
adresser à l'IRCAFEX.
Les taux :
il convient de distinguer :
- le taux contractuel ou taux de base (appliqué
pour calculer vos points à la retraite),
- le taux appelé (utilisé pour calculer vos
cotisations) : taux de base majoré de 25% pour
tenir compte de l'allongement de la durée de vie
et garantir à long terme le versement de tous
les droits acquis.
Retraite volontaire
par capitalisation :
Ce sont d'excellent compléments aux régimes de
retraites précédemment exposés.
Attention : substituer la capitalisation aux
régimes légaux peut se révéler dangereux...
Le chômage
Il
s'agit de vous préserver de toute mauvaise
surprise au moment de votre retour en France.
Vous êtes
détaché :
Vous bénéficiez de la même protection chômage
que si vous étiez resté en France.
Vous êtes
expatrié :
Votre protection contre le chômage dépendra du
pays :
Expatrié, pays
membre de l'Union Européenne :
Simple mais délicat :
Simple car vous dépendez complètement du
système d'assurance chômage du pays où vous
allez (même cotisation et même droit qu'un
salarié local).
Délicat : vous perdez votre emploi =>
vous relevez du régime chômage du pays où vous
résidez au moment de la perte d'emploi.
Délicat : vous êtes indemnisé par un
organisme étranger : vous pouvez revenir en
France tout en continuant à percevoir les
indemnités qui vous ont été attribuées à
l'étranger.
=> Attendre au moins 4 semaines entre le jour
où vous avez été inscrit comme demandeur
d'emploi à l'étranger et votre retour.
=> Avant votre retour, demandez à l'agence de
l'emploi dont vous dépendez le transfert de
votre dossier auprès des services français de
l'emploi.
=> Adressez-vous à l'organisme étranger qui
vous verse vos allocations afin qu'il vous radie
et qu'il calcule le montant de vos allocations
équivalentes en France. Le tout sera justifié
par le formulaire E303 qui vous sera remis.
=> A votre arrivée en France, vous avez 7
jours pour vous inscrire comme demandeur d'emploi
dans le bureau ANPE le plus proche en présentant
le-dit formulaire E303.
=> Vous disposez de 3
mois pour trouver un travail, sinon, vous devrez
retourner dans le pays étranger pour vous
réinscrire au chômage. Si vous ne le
faites pas, vous perdez vos droits et devenez un
chômeur non indemnisé...
Délicat : vous êtes indemnisé par l'ASSEDIC
:
C'est vrai si vous résidez en France au moment
de la perte d'emploi. Vos allocations chômage
seront calculées sur la base du salaire perçu
pour le dernier emploi exercé en France depuis
au moins 4 semaines.
Délicat : période de cotisation antérieure
:
Demandez le formulaire E301 aux service de
l'emploi du ou des pays dans lesquels vous avez
travaillé : il justifie vos périodes de
cotisation et sera utile au calcul de vos
allocations en cas de besoin.
Expatrié, pays
*non* membre de l'Union Européenne
:
Au regard du régime ASSEDIC français :
- Affiliation obligatoire si vous êtes lié par
contrat de travail avec un employeur étranger
établi en France (art L351.4, Code du travail),
- Affiliation facultative si vous êtes embauché
sous contrat local par un employeur étranger
(expatrié),
- Affiliation individuelle si l'employeur
étranger refuse de vous affilier. Vous avez
alors 6 mois pour adresser votre demande au GARP
(Groupement des ASSEDIC de la Région Parisienne),
Service Expatrié (14 rue de la Mantes, 92703
Colombes Cedex).
Expatrié, le
conjoint :
Le conjoint qui vous
accompagne est obligé de démissionner de son
poste en France.
Dans ce cas particulier, le conjoint expatrié a
droit a des indemnités chômages à son retour
en France à condition que son séjour à
l'étranger n'ait pas dépassé 4 ans à compter
de la date de cessation de l'activité
française. |